La confiance en soi n’existe pas
Et c’est une très bonne nouvelle.
Je suis tombé dans le piège populaire qu’il fallait devenir plus confiant et plus affirmé. Comme si quelque chose manquait, comme si je devais combler un vide que la pensée elle-même avait creusé.
Ce que je n’avais pas encore vu : c’est la pensée qui pose le problème, puis qui vend la solution.
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Le piège de l’image
La confiance en soi est une construction mentale. Elle repose sur une image qu’on se fait de soi-même, une image à protéger, à renforcer, à rendre convaincante aux yeux des autres et, surtout, à ses propres yeux.
Krishnamurti le disait avec une précision qui coupe net :
Lorsqu’on a une image de soi-même, on est assurément dans l’illusion.
C’est une image. Elle est juste telle qu’elle est, et elle n’a pas besoin de correction.
Parce que ce que je suis réellement n’a pas de forme à défendre. La conscience qui observe, qui ressent, qui traverse les états, elle ne manque de rien. Elle précède toute image. Elle est avant le besoin d’être vu, reconnu, validé.
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Ce que le système nerveux révèle
Mon travail avec la respiration et la théorie polyvagale m’a appris à lire différemment : chaque fois que je cherche à paraître confiant, mon système nerveux autonome enregistre une menace. Elle n’est pas une menace physique, mais sociale, identitaire; celle de ne pas être à la hauteur de l’image que je projette.
Le système nerveux ne distingue pas la réalité du scénario mental. Il réagit à la peur de ne pas correspondre à ce que je suis censé être. Et cette peur chronique, souvent invisible, maintient le corps dans un état de vigilance souterraine : légère tension dans la mâchoire, respiration haute et courte, attention dispersée, présence partielle.
Un système nerveux qui surveille une identité fragile : voilà ce qui se passe réellement.
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Quand l’image tombe…
Dans une pratique de souffle, dans un silence vrai, dans une fatigue profonde qui lâche enfin, l'image se dissout d'elle-même. La recherche cesse. Le besoin d'être quelqu'un de précis, de cohérent, de convaincant s'évapore sans bruit. Ce qui demeure alors est d'une simplicité déconcertante : une présence, antérieure à toute définition, antérieure au nom que je me donne et aux rôles que je joue. La confiance et le doute appartiennent au même territoire mental. Ici, ce territoire n'existe plus. Il reste la plénitude la plus ordinaire du moment vécu.
Dans ces moments, le système nerveux change d’état. Quelque chose se dépose, la respiration descend, le visage se relâche et la présence s’élargit sans effort.
C’est un retour à ce qui était là avant le besoin de prouver quoi que ce soit, avant la première image et le premier jugement. Une présence qui n'a jamais eu besoin d'être construite pour exister.
La voie polyvagale appelle cela l’état ventral : sécurité, ouverture, présence incarnée. La voie contemplative appelle cela l’absence d’ego, la conscience pure, l’être sans image. Ces deux langages décrivent, je crois, le même territoire.
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Enlever plutôt qu’ajouter
Aujourd’hui, je ne cherche plus à devenir plus confiant. Je cherche à enlever ce qui masque une stabilité déjà là. Je me déshabille du besoin d’être quelqu’un, couche après couche, dans la pratique quotidienne.
Avec les personnes que j’accompagne, je ne travaille plus le renforcement d’une identité. On retourne à quelque chose de plus simple et de plus fiable : la sensation directe de l’instant, sans le filtre de l’image à maintenir.
Ce que nous sommes est plus vaste que ce que nous pensons être. Et cette vastitude n’a pas besoin d’être convaincante.
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Pour aller plus loin en toi-même :
Observe ce qui se passe dans ton corps la prochaine fois que tu entres dans une pièce, que tu prends la parole, que tu envoies un message important.
Cherches-tu à paraître quelque chose ?
Quelle tension accompagne ce besoin ?
Peux-tu simplement noter ce qui se passe, sans chercher à le corriger, simplement à te tenir là, dans la vérité de ce moment ?
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Avant de refermer cette lettre
La confiance appartient à la pensée. La paix appartient à ce qui précède la pensée. La stabilité est celle qui existait avant que tu aies besoin d'un nom pour elle. Elle t'attend de l'autre côté du besoin de te prouver. Pose la quête, reste dans ce silence intérieur, et regarde ce qui demeure. C'est de là que vient toute action vraie.
Avec douceur, Steve 🙋🏻♂️



