Je ne suis pas qui je croyais être
Et cette découverte a tout changé à ma façon d'accompagner.
Une longue méprise sur moi-même
Je me suis raconté que j’étais extraverti, simplement parce que les mots venaient facilement, parce que j’allais vers les autres sans effort apparent. J’ai confondu aisance relationnelle et nature profonde.
Un jour, mon équilibre intérieur s’est déplacé.
J’ai vu, ou plutôt ressenti, que mon ancrage n’était pas là, dans le mouvement extérieur, mais dans cet espace intérieur, profond et habitable, que je fréquente depuis toujours. Enfant déjà, je voyageais sans bouger. Une chambre, quelques timbres venus du monde entier, des sons électroniques qui ouvraient des paysages invisibles, et cela suffisait à me relier à quelque chose d’immense.
Je suis un introverti expressif. Ouvert, présent, capable de connexion profonde, et nourri par la solitude.
La solitude comme source, l’échange comme rencontre
J'aime être seul. J'en ai besoin, profondément. La solitude est pour moi un espace de ressourcement, un lieu intérieur où quelque chose se repose et se recentre. Lire, composer de la musique, écouter, marcher, sont autant de chemins pour revenir à cette source.
Et néanmoins, lorsque je rencontre l’autre, lorsque la connexion est réelle, vivante, incarnée, le temps disparaît. Je me plais dans une conversation qui dure longtemps, à la condition qu’elle soit authentique et profonde, exempte de superficialité et de banalités.
Les “ça va ?” qui n’attendent aucune réponse sincère me fatiguent. Les corps qui se tendent pour paraître plutôt que pour être, je les ressens immédiatement. Cela crée en moi une dissonance difficile à ignorer.
Je ne me suis jamais senti à l’aise dans le bruit. Le brouhaha constant, la recherche de validation rapide, l’image à maintenir, tout cela m’a longtemps paru étrange, presque opaque. J'ai passé des années à tenter d'en comprendre la logique. Puis j'ai lâché. Ressentir, traverser, revenir, voilà ce qui reste quand on arrête de chercher une explication.
Revenir au centre, non au passé
Ce besoin de simplicité, ce contentement dans peu, ce goût pour la solitude, je les ai longtemps regardés avec suspicion, comme s'ils signifiaient que je devenais moins adapté.
Aujourd’hui, je vois l’inverse. C’est mon point d’ancrage.
Marcher sur le sable, le long de l’océan, sentir le vent, le rythme des vagues. Revenir au corps, à la présence. Je n’ai pas besoin de plus. L'abondance, je l'accueille quand elle se présente. Simplement, je ne cours plus après elle. Et cette absence d’attente a transformé ma manière d’être au monde.
J’ai cherché aussi dans le mouvement extérieur, dans des années passées à l’étranger. Mais le voyage ne résout rien. Il déplace, il enrichit, et parfois il disperse. Jusqu'au moment où quelque chose en toi devient suffisamment mûr pour dire : reviens. Au centre. À toi.
Les étiquettes, je les ai portées un temps. Hypersensible, créatif, multipotentiel, ces mots peuvent éclairer comme ils peuvent enfermer. Ils deviennent parfois des refuges pour éviter la rencontre réelle avec soi-même. Je préfère rester dans l’expérience directe, sentir ce qui est vivant, observer ce qui est juste, et accompagner depuis cet endroit-là.
Un instant pour toi
Avant de continuer, je t’invite à poser une main sur ta poitrine, à prendre une respiration lente, et à laisser venir ce qui se présente.
— Est-ce qu’il t’arrive de confondre ta facilité à communiquer avec ton véritable besoin de lien ?
— Y a-t-il des espaces dans ta vie où tu te permets vraiment d’être seul, sans agenda, sans écran, sans production ?
— Qu’est-ce qui, en ce moment, te demande de ralentir plutôt que d’avancer ?
Reste avec ce qui se présente. C'est ta vérité, et elle suffit.
Une autre manière d’être au monde
Si tu lis ces mots et que quelque chose résonne, peut-être que toi aussi tu as cru devoir être plus visible, plus rapide, plus extérieur, alors que ton essence te demandait de ralentir et d'aller vers l'intérieur.
Se poser, habiter l'instant, revenir au corps, c'est une forme de liberté que je n'attendais pas là.
C’est depuis cet endroit que j’accompagne. Avec une pleine présence et une écoute profonde, l’écriture et la musique. J’ai réuni ces mots dans Pleinement Là, un ebook de pratique intérieure que j’ai écrit comme on ouvre une porte, doucement. Dix chapitres, dix chemins concrets pour revenir à soi dans le quotidien le plus ordinaire. Une lecture qui peut être un vrai déclic, avant d’aller plus loin ensemble.
Bienvenue ici. Un espace pour être, et peut-être pour se rencontrer, vraiment.



